Je ne suis en rien Islamophobe, mais il y a des choses politiquement non correctes qu’il va bien falloir un jour finir par mettre sur la table.

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Ragnaud, Gilles, société équitable, Évolution, démocracitoyenne, assurance d'existence,

Quand j’étais un gamin nous habitions dans un ensemble de HLM où se croisaient toutes sortes de gens dont des immigrés venant d’un peu partout, certains étant de confession musulmane. Il n’était pas rare d’aller manger les uns chez les autres, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai pour la première fois mangé mes premiers plats venant du Maghreb, des pays de l’Est ou même d’ailleurs. A cette époque les musulmans de France avaient une sagesse que l’on appréciait particulièrement, respectant les cultures françaises, autant dans l’accoutrement que par la discrétion tant qu’à leur croyance, ne s’étendant pas plus que ça sur le sujet, le peu qu’ils en disaient dégageant un amour profond pour leurs prochains. Jamais à cette époque les Musulmans ne seraient sortis de chez eux en habits traditionnels, se sentant personnellement blessés si l’un des leurs manquaient de respect aux autres communautés, le réprimant eux-mêmes, le remettant dans le droit chemin.

Nous avions tous de la considération les uns pour les autres , partageant nous aussi, familles Françaises, nos traditions et cultures, ce qui était la moindre des choses, voyant chaque communauté s’adonner avec joie à certains de nos rites locaux, tel que celui très Angevin du Pâté aux Prunes, gâteau particulièrement délicieux, l’étant encore plus lorsqu’il est partagé dans la joie et la bonne humeur. En fait nous ne faisions qu’un, une seule et unique communauté, celle des gens simples, nos cultures bien que différentes ayant en commun, avec ou sans religion, le respect, la bienveillance et la compassion de tous et envers tous.
Il y avait aussi l’entraide et le partage dont nous avions tous immanquablement besoin, les uns pour apprendre et comprendre les valeurs de la France, ses cultures et ses choix, les autres pour faciliter l’union, ou comme on dit aujourd’hui « l’intégration », autour d’une nation non pas multiculturelle, mais à une France d’accueil dans le respect de ses us et coutumes, dans un paysage multi centenaires de traditions nationales et régionales.

Quand j’étais ados dans les années 80, mes copains étaient originaires de tous les horizons, Antilles, Italie, Maroc, Tunisie, Cambodge, Birmanie et France bien sûr. Tout ceux issus de nations extérieures à l’Europe étaient des fils et filles d’immigrés, leurs parents comme les nôtres étant plus ou moins croyants, plus ou moins pratiquants, mais mise à part un foulard discret recouvrant les chevelures de certaines des mamans, jamais un seul d’entre eux n’aurait osé extérioriser ses opinions religieuses, chacun s’en tenant à d’éventuels signes discrets au sein de leur foyer. Ces parents-là nous avaient élevé dans la fierté, dans le respect de l’autre et de la France, chacun avec leurs manières, leurs méthodes, mais tous dans l’idée que leurs enfants n’étaient plus qu’un seul et unique peuple fait de couleurs et de traditions communes, nos cultures éducatives et scolaires nous rassemblant au-delà de toute intervention divine, ou non.

Plus tard la rue m’a permis de croiser nombre d’étrangers aux cultures différentes, en France ou sous d’autres cieux, des gens qui pour certains m’ont beaucoup appris, m’accueillant pour un repas ou une nuit voir plus. Pour la plupart ces gens avaient en commun l’indigence, se contentant de peu et sachant le partager, connaissant la saveur qu’ont les choses lorsqu’elles permettent l’échange d’un sourire. Là encore chacun savait se tenir à sa place, restant humble et discret sur ses convictions religieuses ou non, tous les SDF que nous étions, croyants ou non, partageant le même quotidien, dans le même froid, avec les mêmes maux, et pourtant la vie dans la rue n’était pas plus facile que celle d’aujourd’hui, je dirais même qu’elle l’était moins.

25 ans plus tard.
Aujourd’hui plus personne ne peut nier un mal être général concernant les relations que tiennent la religion musulmane et la société Française. Je traduirais ce mal être par le ressenti d’une « forme (les mots ne sont pas trop forts) de colonisation » de la France par une partie des fidèles à l’Islam, une forme de trahison de l’idée de la laïcité où tout semble permis au nom des libertés individuelles. Il n’y a plus de retenue, les accoutrements religieux, voire d’une extrême provocation s’affichant dans nos rues et dans nos médias, l’omniprésence de cette religion dans nos infos, nous imposant des débats et actualités nationales et internationales provocant une forme d’over dose générale. Certes on nous dit que ce n’est pas ça l’islam, que cette dernière n’est qu’amour et paix, et certes encore la majorité d’entre nous ne faisons pas d’amalgame, mais il n’en reste pas moins dans tous les cas, que cette doctrine reste omniprésente au sein de notre société, s’imposant malgré elle, ou non, à nos yeux, dans nos choix, et il faut le dire aussi dans nos libertés individuelles.
Cette over dose se traduit par un choc culturel, ne retrouvant pas aujourd’hui l’obligation que je pensais pourtant immuable de respect des cultures ancestrales d’une nation, ainsi que la discrétion nécessaire que chacun doit avoir en matière de spiritualité ou pas. J’admets qu’une personne investie d’un rôle religieux tel qu’un prêtre, un rabbin ou un imam puisse éventuellement s’habiller différemment, mais je suis offusqué, choqué que des gens m’imposent et imposent à mon pays une culture ne faisant pas partie de son patrimoine.
Là où dans ma jeunesse, il y avait retenue et respect, amitiés et échanges, les gens de ma génération peuvent en témoigner, il n’y a plus aujourd’hui de la part d’une partie des gens de cette communauté, qu’irrespect, insolence et provocation, ces gens se croyant en terres conquises, je parle bien sûr de terres culturelles, et tout le monde en souffre.

A qui la faute ?
L’État est à mon avis à la base de tout ce mal être n’ayant jamais su y faire face, ne sachant encore aujourd’hui répondre au problème, ne prenant pas dans ses choix le ressenti de la société Française, y restant sourd en ne sachant toujours pas faire respecter ce qui est à la base de ce choc culturel et de tout ce qui en est issu, je parle du respect de nos traditions culturelles, de nos us et coutumes ancestrales, des valeurs pourtant essentielles à l’équilibre de la nation, car partageables avec tous, générations après générations, quelle que soit l’origine de ces générations. L’État n’a pas su non plus défendre le sens aujourd’hui totalement biaisé de la laïcité, en ayant laissé plusieurs lectures possibles là où il n’y en a qu’une, celle de la république.

C’est un constat d’échecs cuisant de la politique Française en matière d’immigration et d’intégration, ainsi qu’en matière de cultures et d’éducation, échecs dont nous constatons amèrement depuis ces dix dernières années les retombées, les extrêmes de tous bords gagnant du terrain, les haines et les incompréhensions se heurtant jusqu’au point de non-retour.

Aujourd’hui je ne suis bien heureusement toujours pas Islamophobe, ça ne me viendrait même pas à l’idée, ne ressentant bien sûr aucun racisme envers qui que ce soit, mes amis et ma famille aux origines et cultures diverses, me rappelant combien ils ont une place indétrônable dans mon cœur.
Je défendrai toujours la paix et le partage, mes nombreux écrits autant sur l’immigrationque contre les haines raciales allant inexorablement vers l’ouverture à une démocratie partagée où chacun individuellement ou au sein d’une communauté, pourra se faire entendre dans le respect de tous.
J’espère simplement que cet état des lieux, car il ne s’agit que de cela, saura servir un débat que je pense incontournable pour que chacun puisse y retrouver sa place, son équilibre au sein de la nation, la France pour moi devant toujours rester une terre d’accueil de toutes les convictions, mais toujours dans le respect et le partage de ses us et coutumes et de ses cultures et traditions ancestrales.

Gilles Ragnaud

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