Réforme du bac: Plusieurs choses me gênent.

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Plusieurs choses me gênent réellement dans ces réformes, dont une en particulier : les contrôles continus.

En effet, ces devoirs de contrôles continus vont être corrigés par les propres professeurs des élèves, or, que vaudra la note d’un élève sortant d’un lycée de banlieue face à un autre sortant d’un grand lycée reconnu pour son excellence ?

Puisque maintenant les facultés vont pouvoir faire un choix sélectif de leurs élèves, mettons-nous à la place d’un « sélectionneur » d’élèves dans une fac. D’après -vous, à note égale lequel de ces deux élèves choisira t’il ?

C’est là d’entrée une inégalité, surtout lorsque l’on sait que la plupart des lycées reconnus pour leur excellence, sont souvent des institutions privées employant une certaine élite professorale, les catégories d’élèves venant eux aussi d’une « caste » sociale souvent nettement plus élevée.

Avant cette idée de contrôles continus, les sujets étaient les mêmes pour tous les élèves quel que soit le lycée et la région, de plus les correcteurs étaient des professeurs ne connaissant pas les élèves, ne pouvant donc juger que de la copie à corriger, n’y ajoutant pas d’éventuelles sentiments personnels sur le comportement, l’historique, ou autres éventuelles difficultés, ou au contraire, autres génies de l’élève. Ces méconnaissances entre correcteurs et élèves, apportaient plus d’équité, d’impartialité dans la note, chacun étant jugé pour ses compétences dans un anonymat total.

Maintenant mettons-nous à la place d’un chef d’entreprise ou d’un DRH, d’après vous, lequel des deux élèves choisira t’il en premier ?

 

Pour finir, je ne serais pas surpris que dans les années à venir, s’engagent, entre grandes écoles et lycées, des accords de réservations de places pour les élèves de ces derniers, avec en arrière-plan cette même logique d’inégalité. A suivre.

Je reste donc très dubitatif tant qu’à cette réforme, engageant les élèves, mais aussi les parents, à manifester leur désaccord, cette réforme n’étant manifestement pas faite comme on tente de nous le faire croire, pour aider nos jeunes à sortir de situations d’échecs, mais plus simplement pour créer une élite, via une pré-sélection avantageant une certaine catégorie de la population, et toujours la même.

Je pourrais pousser bien plus loin mes réflexions, m’imaginant que cette réforme entre dans une néologique politique, préparant un avenir où l’on sait déjà, j’en parle moi-même dans d’autres de mes articles, qu’il n’y aura de place que pour très peu, les volontés politiques actuelles œuvrant à réserver ces emplois aux enfants des plus nantis, et cela maintenant dès le lycée.

J’arrête là mes critiques, car même si les événements démontrent de plus en plus l’évidence de mes propos, je ne voudrais pas que certains finissent par croire que je fais dans la théorie du complot, ne faisant que m’interroger sur un avenir me paraissant de plus en plus sombre pour nos générations futures, tout laissant à croire, que rien ne les épargnera.

Gilles Ragnaud

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